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Cette nuit-là (2/4)

  • Photo du rédacteur: Esther Schneider
    Esther Schneider
  • 26 janv. 2022
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 avr. 2022

OH.

HELL.

NO.

L’objet que je viens de reconnaître ramène ma violente et dévastatrice tornade à la vie. Je fais volte-face, sors de la chambre et me précipite dans les escaliers de la maison. Je me sens coupable de réveiller les autres, mais là mon cœur ne peut pas supporter que quelqu’un pour qui il bat s’inflige ça. Carrément pas. Malgré l’état bouillonnant dans lequel je me trouve, je fais attention à ne pas claquer la porte d’entrée. À pas de loup, je rejoins immédiatement le jardin à l’arrière et, par chance, j’arrive juste à temps.

Je lui arrache le paquet des mains et, de toutes mes forces, je le balance dans l’eau. Sous ses yeux ébahis, je jubile presque. Alors là, aucune pitié ni pensée pour ses petits sous avec lesquels il se l’est clandestinement acheté ! Propulsé par la vitesse, le paquet atterrit dans l’eau et vient buter contre l’un des bords de la piscine. Qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? Je n’ai jamais été bonne pour les entrées en douceur... et je ne les ai jamais appréciées non plus. Pourquoi s’encombrer de mots quand on peut aller droit au but ?

– Putain, Nevaeh ! Mes clopes !

– Je veux plus te voir avec ça dans les mains. T’étais censé avoir arrêté !

À la façon dont il me trucide du regard et tourne délibérément la tête à l’opposé de moi, je sais que je l’ai à nouveau énervé. Et il ne dit rien, il sait que j’ai raison. Il finit par se lever pour aller récupérer son pauvre paquet de cigarettes détrempé. À son tour, il le balance à mes pieds quand il revient vers moi. Mais, au lieu de se rasseoir au bord de l’eau comme je le croyais, il reste planté devant moi. Ses yeux noisette me fixent, comme s’il attendait quelque chose de ma part. Après quelques secondes de silence, il finit par soupirer.

– Tu es un sacré personnage, Nev.

J’ai envie de rire à sa remarque mais je me retiens très fort. Ce ne serait pas crédible du tout...

– Au moins, mon message était clair. Tu l’as parfaitement compris, n’est-ce pas ? insisté-je.

Zak lève les yeux au ciel et se rassoit par terre en guise de réponse. Il plonge ses pieds dans l’eau lorsqu’un voile de tristesse recouvre entièrement son visage. Un voile contagieux, qui me pousse à baisser les armes et m’asseoir à côté de lui, doucement. Je dois faire quelque chose ; on ne peut pas continuer à se disputer et à laisser les choses ou les autres nous briser... On est plus forts que ça, quand même ?

– J’ai flippé en me réveillant, déclaré-je soudainement.

Du coin de l’œil, je vois Zak se tourner vers moi, interdit. Il tente de cacher ses émotions mais, comme d’habitude, ses yeux trahissent son inquiétude. Je pose à mon tour les yeux sur lui et, à la lumière du lampadaire, je jurerais presque qu’il rougit.

– Mes sentiments me lient à toi, réveillée ou pas. Et peu importe où tu es ou ce que tu fais, je ressens toujours ta détresse... Toujours.

– Comment tu...

– Chut, le coupé-je avec l’index sur la bouche. Écoute-moi d’abord. T’as pas encore compris qu’on était une équipe, depuis le temps ? Toi et moi, on ne s’est jamais lâchés, malgré tout ce qu’on a vécu ! « Je te couvre, tu me couvres », c’est ça le deal ! Depuis le début...

Il essaie de me prendre dans ses bras mais je ne veux pas de son attention.

– Tire-toi !

Je le repousse en y mettant plus de force que prévu, mais mon objectif ne change pas.

– C’est trop facile de me faire taire avec une étreinte... Je veux que tu parles, que tu m’expliques clairement ce qui se passe dans ta tête et dans ton putain de cœur !




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