Réécrire la microfiction Bienfaisante censure de Régis Jauffret. (consigne de Milena Mikhaïlova)
Quatre murs blancs, une fenêtre entrouverte, un lit défait, une table de nuit, un bureau sur lequel sont éparpillés des stylos et des feuilles vides et froissées, et une chaise en bois. L’homme circule dans la chambre, en cercle. Il s’arrête puis il tourne autour de lui, la tête penchée vers le sol : il veut qu’il s’encercle. Puis, il tombe évanoui sur sa chaise. Le lit, la fenêtre et la table de nuit semblent tourner autour de lui. Il s’élève, frotte son visage et dévisage du haut du sixième étage, le vert d’un vair que porte une passante dans la rue et il la salue sans que cette dernière n’en remarque l’existence. Il se fâche ! Il déteste qu’on ne l’aperçoive pas. Il est là ! il existe malgré toi, femme ignorante et inconstante ! je parie que s’il sort dans la rue, maintenant, et qu’il parle, tout le monde va l’applaudir ! il est une légende ! une perle unique ! une incroyable créature ! une …. ! une ….. Oh le fil des idées s’est coupé pour la énième fois !
Il marche de nouveau de longen large dans la chambre étroite. Nerveux, les lèvres serrées, les narines élargies : elles respirent plus d’oxygène et n’expirent rien. Il sent telle une odeur de fumée s’exalter de sa tête. Il y a quelque chose qui brûle dedans. Au secours !
Il s’assoit de nouveau et réfléchit en pleine asphyxie puis il crie : Mais sors ! soooors de ma tête ! il poignarde la page vierge située tranquillement sur la face du bureau. Ensuite, il ouvre la fenêtre et appelle aux urgences. Personne de la foule ne l’entend car l’encombrement de la circulation assourdit ses lamentations. Inutile. Il referme la fenêtre et se recroqueville dans un coin, la tête enfoncée dans ses jambes serrées.
Tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac (silence) ‘’Réveille-toi !’’
Il lève sa tête brusquement, car il sent qu’une voix étrange veut l’éveiller. Non, il hallucine. Retour au sommeil.
Tic-tac, tic-tac, tic-tac : ‘’Hé ! je dois sortir maintenant, lève-toi vite !’’.
Il relève sa tête brutalement. Cette fois-ci, il sent une chaleur le brûler. Son corps inerte commence à s’émouvoir et bouger vers le bureau. Ses doigts vibrent et il en perd le contrôle.
Des forces le dominent et prennent un stylo noir et commencent à remplir le blanc de la feuille. Lui, pauvre serviteur, il observe les oscillations du stylo et lit ce qui en sort :
« Je suis un écrivain dangereux, ma production est malfaisante, nocive, le poison que renferment mes livres tue les lecteurs, et durant leur brève agonie ils ont le temps de rendre leur entourage fou, infirme, incapable de joie de vivre à jamais. Une ligne suffit, la dose est déjà létale. Même si vous brûlez cette page sur le barbecue de votre jardin, vous l’aurez rejointe demain au milieu des cendres.
-J’ai toujours demandé etc.
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