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La part du rêve

  • Photo du rédacteur: Morgane Sarmiento
    Morgane Sarmiento
  • 5 mai 2022
  • 1 min de lecture

Écrire une microfiction à partir du tableau de David Hockney Le Parc des Sources, 1970. (consigne de Mme Milena Mikhaïlova)




Peu importe le nombre de couverts, la vie s’astreint,

Est plate, droite, froide.

Vert uniforme

Gris lissé

Foncé sur la gauche, clair à droite.

Trois sièges. Ils sont deux.


Au fond, peu importe le nombre de couverts autour de la table,

Le repas est fade, froid, servi bien droit.

Et lorsque les couverts commencent à se ranger,

Les deux prennent place sur leur trône doré et contemplent

Le vide d’une vie lissée.

Leur vie de parfaits.

Alors ils décalent chacun un pied, l’air détendu ;

Juste créer un espace où ils se sentent en liberté.


Mais jamais

On ne les verra plonger leurs pieds nus dans la terre,

Chanter parce qu’ils aiment les couleurs du ciel,

Courir jusqu’à ce que leur coeur leur sorte par la bouche

Juste pour se sentir vivants.


Hurler comme des loups au printemps,

S’envoler de l’ivresse des feuilles d’automne

Disparaître toute une nuit pour écouter les arbres respirer

Dévaler les talus en souvenir de la neige.


Ce n’est pas pour eux. Eux dans leurs draps sans pli

Ils songent de finances et d’impressions.

De meubles vernis sans accrocs.

Cela les occupe sur leurs deux sièges dorés, quand le troisième vient à leur manquer,


Car une partie d’eux n’a pas oublié le goût de la terre.

Alors chaque jour qu’ils veulent bien ordonné,

Ils laissent une place vide pour qu’il puisse l’occuper,

Le rêve.

La place du rêve.


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