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Le Sorcier de Babylone

  • Photo du rédacteur: Gabrielle Lisowski
    Gabrielle Lisowski
  • 11 juin 2022
  • 2 min de lecture

Réécrire la microfiction Babylone de Régis Jauffret (consigne de Mme Milena Mikhaïlova)


Mon nom est Wilhem Weschler, dit Wilhem Blacksmith, à cause de mon savoir, qui fait de moi le forgeron des jeunes étudiants que je forme chaque année. Je me suis spécialisé dans l’occultisme, et cela ne date pas d’hier. Voilà trente longues années que j’enseigne six fois par semaines diverses sciences, comme la golémologie, l’alchimie ou encore l’anatomie des créatures fantastiques. Je suis ce que l’on pourrait appeler un sorcier, un être dévoué corps et âmes à mon travail, j’en veux pour preuve la cage ésotérique que je porte en permanence autour du crâne pour me protéger du regard des divinités occultes.

Vous vous dites sûrement que je suis fou à lier, dangereux pour la société ; vous n’auriez pas forcément tort. Mais il y a pire que moi, plus terrible et insidieux. Je parle de la ville la plus crasseuse, la plus cruelle, la plus sadique de la planète, la Babylone des temps modernes, je veux bien sûr parler de Londres.

J’y suis arrivé en 1882, j’avais à peine dix-sept ans, pour étudier les sciences naturelles. Ma mère, de confession juive, ce qui faisait de moi un juif également, voulait pour ma personne le plus brillant des avenirs. Je n’ai jamais trop cru en la religion, et nous n’étions que très peu pratiquant dans ma famille, ce qui n’allait donc pas me poser problème lorsque ma destinée se réalisa.

Une nuit plus agitée que les autres, je me promenais dans l’Académie de philosophie naturelle, où j’étudiais alors le fonctionnement du corps humain. Là, je me cognais par mégarde à la statue d’ange qui décorait le centre de la cour de l’académie. Alors par pur hasard, je me rattrapais au bras de la figure de pierre et fit pivoter son membre. Aussitôt, les pavés s’ouvrirent en deux et me laissèrent admirer les entrailles de la ville. Un air fétide me prit au nez, et il me fallut bien plusieurs minutes pour m’y habituer. Je restais là en attendant que quelque chose se produise.

Le métro de Londres ne passait pas par cet endroit, je le savais de sources sûres. Aussitôt cette révélation apparue dans mon crâne, comme un papillon de nuit est irrémédiablement attiré par la lueur d’une lampe à huile, je fus aspiré par les noirs couloirs qui me faisaient face. Je m’y enfonçais comme un enfant inconscient dans les bois, et me perdais pendant presque vingt-quatre heures. Je trouvais la fameuse cage que j’arbore encore aujourd’hui au fond d’une pièce vide. Je me la vissais sur ma tête, convaincu je ne sais trop comment que c’était la meilleure des choses à faire avec un tel instrument, qui semblait de surcroît fait exprès pour cet usage.

Je ressortais tardivement de ma visite inopinée, et commença à songer qu’il fallait utiliser ces souterrains pour en faire quelque chose de grandiose. De là naquit l’Académie d’Occultisme et de Magie noire, dont je suis le plus éminent professeur.

Ne croyez pas que cette visite fut ordinaire pour moi. Je pénétrais au plus profond de Babylone, et en ressortis transformé, comme la chenille devient papillon une fois le moment venu. Mon heure à moi était arrivée. De Londres, un sorcier venait de naître.



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