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Les jardins suspendus

  • Photo du rédacteur: Riv
    Riv
  • 5 juin 2022
  • 2 min de lecture

Réécrire la microfiction Babylone de Régis Jauffret (consigne de Mme Milena Mikhaïlova)


Les mains encore pleines de terre, je m’allonge sur ma petite terrasse en bois, sous ma pergola fleurie. Son ombre délicieuse m’offre du répit. Mes pieds, débarrassés de leurs bottes en plastique vert, épousent l’herbe et se délectent de sa fraîcheur, malgré l’astre d’une journée bien engagée.

Bercée par le chant du vent dans les branches des arbres et les vocalises de quelques oiseaux, je ne tarde pas à imiter mes chats, Chaussette et Pantoufle. Lorsque j’avais commencé à bêcher la partie sud de mon jardin, je les avais vus prendre place sur leurs fauteuils respectifs, faire leur toilette, tourner jusqu’à trouver la position parfaite, et prendre les rayons de vitamine D. Ils n’ont pas bougé quand je me suis approchée, dégoulinante de sueur. Et maintenant, je prends le soleil en somnolant.

À l'aise.

Je pousse un petit soupir de contentement.

Je poussais beaucoup trop de soupirs d’agacement et de fatigue, avant.

En ville.

Le bruit incessant, la vie diurne et nocturne, les foules, les mouvements. Le goût du métal sur ma langue, celui de la saleté dans ma gorge. L’odeur de la pollution ne partait pas de mes vêtements. Tout cela aspirait la vie que j’avais en moi. Plus j’étais fatiguée, et plus la ville semblait en forme. Elle me vampirisait. Elle m’a fait miroiter des merveilles, m’a donné des illusions de grandeurs, m’a berné avec de fausses facilités de vie, m’a promis des opportunités. J’étais jeune et naïve.

Je pensais que le centre de la vie était dans les métropoles. Il y avait tout et tout le monde se côtoyait. La ville était juste un immense forum, un immense marché, un immense musée. Mais j’ai vite déchanté. La crasse, les miasmes, le gris du ciel, des bâtiments et des gens ont déteint sur ma couleur intérieure éclatante.

Le présent tinte du léger son de mon carillon. Je m’étire tel un chat, sans que les moustaches des miens ne vibrent. Les pieds encore dans l’herbe, je ressens la vie de Mère Nature. La vie qui pulse sous et autour de moi.

Revigorante.

Pas de pression, pas de piétons, pas d’horloge, pas de regards qui interrogent. Je suis plus que jamais chez moi, je prends le temps d’y aller doucement.


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