Rouille
- Marie Pompier
- 22 nov. 2021
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 mars 2022
Écrire (au plus) une page (A4) en commençant par la formule empruntée à André Breton : "il me fait jouer de mon vivant le rôle d’un fantôme" (dans "Nadja"). (consigne de Jean-Michel Devésa)
Il me fait jouer de mon vivant le rôle d’un fantôme. Le temps n’est pas clément. Mauvaise comédie, je grince et plie pour des mouvements hier si souples. Ils me moquent et je devrais rire avec eux. Riez de vous et foutez-moi la paix. Vous n’êtes pas drôles et lui non plus. Bientôt ils verront. Ils verront l’amertume ajouter des grincements. A eux aussi, des enfants ordonneront. Le ridicule ne me fait plus rire. C’est d’eux que je voudrais rire, méchamment, en sortant les dents. Qu’on les déshabille, qu’ils rouillent, qu’on les déshumanise. Je n’ai pas envie de faire de gâteaux. Et si mes pulls vous grattent, tant mieux.
Au centre de tout, je devrais m’effacer. Offre impossible à refuser. Les bras sont tombés et cette fois ne pourront plus remonter. Le prisme est flou, un vieux phare dont la vitre est voilée, elle s’est opacifiée. Le blanc ne me va pas bien au teint. Il allait mieux aux autres, loin. Vous viendrez ? Ne venez pas. Ne faites pas semblant. Je vous souhaite de regretter. Je vous souhaite de trembler. Je ne suis pas le premier vous savez. Le froid vous attrapera. Ne me croyez pas.
Mais vous le sentez déjà ? Alors bientôt rejoignez-moi.
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