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Melancholia

  • Photo du rédacteur: Kama Datsiottié
    Kama Datsiottié
  • 9 févr. 2022
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 mars 2022


Melancholia, film de Lars Von Trier sorti en 2011, est à la fois poétique et étrange, sombre et lumineux tout à la fois. Le réalisateur semble jouer sur des clairs obscurs comme le peintre baroque le fait sur ses tableaux. D’ailleurs, Lars Von Trier nous dresse toute une série de tableaux tous plus beaux les uns que les autres mais tout aussi étrangement inquiétants. C’est toute la nature pessimiste et sombre du maestro danois qui transpire ici. Il transfigure ainsi nos peurs et nos angoisses en quelque chose de plausible et d’inéluctable. En même temps c’est ce qui arrivera dans quelques millions d’années, si l’Humanité toute entière n’a pas totalement disparu de la surface du globe d’ici là. Ceci-dit je ne voudrai pas être à la place des derniers représentants de l’espèce humaine qui verront leur dernière heure arriver. Melancholia est dans le film une planète qui est censée passer à quelques milliers de kilomètres de la Terre, ce qui à l’échelle du cosmos est somme toute très peu ; de fait, elle apparaît comme une curiosité pour les scientifiques et autres amateurs de spectaculaire et sensations fortes, mais aussi comme une véritable source d’angoisse et de crise agissant sur les comportements pour les autres qui sont de nature plus sensibles à leur environnement et qui ressentent intrinsèquement les choses. Comme les effets de la Lune sur les humeurs par exemple. Humeurs du reste chères aux Anciens, tout comme la mélancolie, qui est source ici de génie mais aussi de folie. Sauf que le calme et l’apaisement viennent après la tempête et les coups de sang. Tout est déréglé dans ce monde que peint Lars Von Trier, tout est également inversé. Les personnages tout d’abord, deux sœurs que tout oppose (l’une brune, mariée et mère de famille avec les pieds sur terre, incarnée par Charlotte Gainsbourg, l’autre un peu paumée, blonde et au caractère instable jouée par Kirsten Dunst, deux actrices chères au réalisateur du reste). Le film commence par un mariage raté et se termine par une vision apocalyptique dans un état d’extrême tension voire même de paroxysme de l’angoisse. Cette angoisse qui nous pousse un peu plus vers la mort, et qui se retrouve dans l’état mélancolique. On ne peut que rapprocher le poème de Victor Hugo du même nom au titre du film, mais plus encore d’une des parties du recueil Poèmes Saturniens de Paul Verlaine. Le film se décompose en deux parties appelées chapitres (« Justine » et « Claire », du nom des deux sœurs), les deux chapitres sont totalement bouleversés par le comportement des deux sœurs, la folie et la mélancolie (deux termes qui ici restent assez proches dans ce film) semblant gagner l’une en premier et se transmettre à l’autre dans un deuxième temps, tandis que celle qui était déprimée connaît enfin l’apaisement, ou plutôt devrais-je dire la plénitude mentale de la résignation. On assiste ainsi à une sorte de renversement qui au début du film était loin d’être évident. Bref, un film étrange et beau à la fois, à l’esthétique soignée et qui ne pourra que nous faire réfléchir sur notre propre condition.


XK (Limoges, le 25.01.22)



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