"arracher de son vivant sa propre vie à toutes les formes de la mort" (J.P. Sartre)
- Mélissa
- 20 déc. 2022
- 2 min de lecture
Elle repense à ces moments qu’elle a vécus. Ceux où elle s’est dit que ça ne valait pas la peine, qu’il valait peut-être mieux abandonner maintenant. Elle se rappelle cette sensation d’angoisse, son ventre qui se tordait, sa respiration qui se bloquait, sa peau qui la brûlait. Cette impression de vide.
Immense.
Insurmontable.
Elle se rappelle avoir pensé à tout arrêter, plusieurs fois.
Elle se souvient s’être dit qu’elle ne trouverait jamais la pièce manquante. Ce qui la rendait incomplète.
Qu’après tout, à quoi bon ? Que tout était vain.
Qu’elle vivait pour les autres, pour ne pas les décevoir. Qu’elle se pliait à leurs désirs, puisqu’elle n’en avait pas.
Et puis, ce jour-là, cette fille lui avait jeté au visage qu’il fallait qu’elle soit égoïste, que vivre pour les autres ne servait à rien et qu’elle ne devait pas subir, mais vivre.
Il ne faut pas rêver. Elle avait mis des mois à l’intégrer, ça avait été difficile.
Aujourd’hui encore, il lui arrivait de douter.
Elle était perdue dans ce genre de pensées quand une sensation de bien-être immense l’envahit. La créature sur ses genoux oscille entre ronronnement et profond sommeil. La douceur de ses poils est une bénédiction pour ses doigts qui parcourent le dos de l’animal. Cette créature si fragile, elle est prête à vivre pour elle. Ses yeux s’emplissent de larmes. Elle a l’impression d’avoir trouvé ce qu’elle cherchait. Ce qu’elle cherchait depuis si longtemps. L’apaisement, le bonheur.
Sa compagne lui apporte un chocolat chaud, la trouve en pleurs et s’inquiète. Elle lui explique entre deux sanglots le bien-être qu’elle a d’être là, à cet instant, avec deux des êtres qui lui sont les plus chers. L’autre la prend dans ses bras, dans un élan d’amour et de bonheur, la vie n’a jamais été aussi parfaite.
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