dit le poème...
- Capucine
- 28 déc. 2022
- 1 min de lecture
Je se tait. Nous nous regardions, nous ne nous regardons plus.
Dos à dos, nous attendons.
Moi, j’ai conscience de ma décision. Ma réflexion s’étale sur des jours et des jours, une semaine peut-être, une petite éternité. J’ai tout pensé, longtemps. Il y a des choses qui demandent d’éclore et de mûrir, de connaître les ombres et le soleil, la pluie et le brouillard, d’être abîmées dans les orages, de se soigner dans les accalmies. Impossible de savoir si Je a eu le même débat intérieur, si celui-ci a été cultivé, maturé, cassé, réparé, changé, abouti. S’il y a eu quelque chose dans sa tête. Si ce quelque chose est devenu un choix.
Nous ne nous regardons plus.
Je remue, moi rien. Glacés à l’intérieur. Qui se retournera en premier ? Tremblement.
Le temps goutte comme sous la pluie, interminable.
Ploc. Ploc. Ploc. Ploc. Ploc. Ploc. Ploc.
Mes paupières se closent. Cécité choisie. Retraite.
Je ne bouge pas. Nous n’attendons plus. Tout est fixé.
Mouvement lancé, mouvement lent mais mouvement implacable. Je ne bouge pas. Froid d’une absence, saillant d’une certitude.
Nous ne nous reverrons plus sur Terre, dit le poème…
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