top of page

dit le poème...

Je se tait. Nous nous regardions, nous ne nous regardons plus.

Dos à dos, nous attendons.

Moi, j’ai conscience de ma décision. Ma réflexion s’étale sur des jours et des jours, une semaine peut-être, une petite éternité. J’ai tout pensé, longtemps. Il y a des choses qui demandent d’éclore et de mûrir, de connaître les ombres et le soleil, la pluie et le brouillard, d’être abîmées dans les orages, de se soigner dans les accalmies. Impossible de savoir si Je a eu le même débat intérieur, si celui-ci a été cultivé, maturé, cassé, réparé, changé, abouti. S’il y a eu quelque chose dans sa tête. Si ce quelque chose est devenu un choix.

Nous ne nous regardons plus.

Je remue, moi rien. Glacés à l’intérieur. Qui se retournera en premier ? Tremblement.

Le temps goutte comme sous la pluie, interminable.

Ploc. Ploc. Ploc. Ploc. Ploc. Ploc. Ploc.

Mes paupières se closent. Cécité choisie. Retraite.

Je ne bouge pas. Nous n’attendons plus. Tout est fixé.

Mouvement lancé, mouvement lent mais mouvement implacable. Je ne bouge pas. Froid d’une absence, saillant d’une certitude.

Nous ne nous reverrons plus sur Terre, dit le poème…


Posts récents

Voir tout
Les adieux pour un grand homme

Philippe Sollers, écrivain et essayiste français, est décédé le 5 mai 2023 à l'âge de 86 ans. Né Philippe Joyaux le 28 novembre 1936 à...

 
 
 
Travailler sur son trauma.

Pendant longtemps je suis restée traumatisée par le souvenir d’un pantalon baissé pendant la cour de récré. Pensées un peu trop obsédées...

 
 
 
Le petit rôle

Le sourire pincé et l’air guindé je me complaisais dans une existence végétative qui avait le luxe de m’épargner l’embarras des besoins....

 
 
 

Comments


bottom of page