top of page

Le chiffre deux

  • Photo du rédacteur: Louise
    Louise
  • 9 mars 2023
  • 2 min de lecture

Je me méfie des individus qui capitalisent sur l’Amour.

Si vous mesurez vous n’aimez pas. Si vous calculez vous ne pouvez adorer.

Le philosophe Alain énonce : « Aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi. »

Shakespeare résume : « L’Amour est cette affection bilieuse qui fait de la chair une divinité. »

Un anonyme proclame : « L’Amour, c’est cette merveilleuse chance qu’un autre vous aime quand vous ne pouvez plus vous aimer vous-même. »

J’écris : « L’Amour n’est que l’expérience intime de nous-même engagée par une croyance ultime de l’autre. »

Toutes ces définitions se rejoignent. L’Amour n’est qu’adoration, et ses acteurs, des fanatiques éblouis par la lumière qu’ils confèrent à l’autre. C’est pourquoi vous devriez vous méfier de ceux qui vous examinent, vous décortiquent et vous assiègent. Ce sont peut-être des économistes, des chirurgiens, des conquérants mais ce ne sont pas vos adorateurs.

Prenez garde à ceux qui aspirent à un amour quantifiable. Votre relation ne sera que chiffre et leur amour que profit. Leur amour ne sera pas moteur, il ne sera toujours que prétexte à plus de dissonances, de fractures et de disharmonie.

L’Amour n’est qu’une zone blanche. Un espace réservé aux plus farouches aventuriers où rien ne reste, tout se construit. C’est un réseau non desservi par la communication où ne résonnent que vos êtres. Si son emplacement devait être matérialisé, ce serait une plaine aqueuse dont les heureux ressortent l’âme plus perméable et les malheureux l’âme plus marécageuse.

Malgré tout, des individus à la coque finement travaillée et au masque à l’étanchéité digne d’un sous-marin réussissent à pénétrer cette terre sacrée. C’est ainsi qu’ils créent, insolents dans leur blasphème, des prisonniers incapables de reconnaître ces hérétiques.

C’est pourquoi, afin que vous puissiez démasquer ces imposteurs, je n’aurai qu’un conseil : si l’Amour est un chiffre, il ne peut être que le deux.


Posts récents

Voir tout
Le petit rôle

Le sourire pincé et l’air guindé je me complaisais dans une existence végétative qui avait le luxe de m’épargner l’embarras des besoins....

 
 
 
Qui fut sans flamme

À une question difficile, une réponse simple. - Tu m’aimes ? - Je n’ai plus la flamme. Six mots pour me faire comprendre. Un hexasyllabe...

 
 
 
Le collectionneur

Ecrire une microfiction à partir du tableau : The Visitor, 1995, Marlene Dumas

 
 
 

Comments


bottom of page